Colombie : quand la forêt recule et que les communautés résistent

L’apport d’APESO pour une transition écologique inclusive

Kinshasa / Bogotá – septembre 2025. La Colombie, pays à la biodiversité exceptionnelle, traverse une nouvelle crise environnementale. Après une année 2023 marquée par une réduction historique de la déforestation, les chiffres de 2024 révèlent une inquiétante réalité : la déforestation a augmenté de 43,3 %, atteignant 113 608 hectares perdus contre 79 256 hectares en 2023, le niveau le plus bas depuis 23 ans (Reuters).

« Nous assistons à un recul majeur dans nos efforts de préservation, en particulier en Amazonie, où se concentre près de 65 % de la déforestation », a déclaré la ministre de l’Environnement de Colombie, Susana Muhamad.

Les principales causes identifiées : l’expansion de l’élevage, les cultures illicites, les incendies aggravés par le changement climatique, mais aussi les pressions exercées par des groupes armés.

Des communautés en résistance : l’exemple des Nasa

Face à cette urgence, certaines communautés locales montrent un chemin alternatif. Dans la région du Cauca, la communauté autochtone Nasa a décidé de restaurer ses terres ancestrales, autrefois exploitées par les plantations de canne à sucre. Depuis 2019, près de 350 hectares ont été convertis en terres agricoles durables et zones de régénération écologique.

« Nous ne voulons plus d’un modèle destructeur. Nous voulons que la terre respire à nouveau, pour nos enfants et pour nos ancêtres », explique Rosa Yatacué, dirigeante Nasa.

Un programme éducatif, appelé semillero, mobilise les jeunes pour les former à devenir gardiens de l’environnement, en intégrant pratiques agricoles durables et savoirs culturels.

L’apport d’APESO : un catalyseur de solidarité Sud-Sud

C’est dans ce contexte qu’APESO s’engage à apporter son expertise et sa solidarité. Forte de son expérience en éducation environnementale, agroécologie et plaidoyer communautaire en République Démocratique du Congo, APESO entend soutenir de telles initiatives en Colombie à travers :

  • L’éducation et la transmission : co-construire des modules pédagogiques pour les semilleros (pépinières éducatives).
  • L’agroécologie et la restauration : partager des pratiques testées en Afrique centrale pour renforcer l’autonomie alimentaire.
  • Le plaidoyer international : relayer la voix des communautés locales dans les grandes instances, notamment à la veille de la COP16 sur la biodiversité qui se tiendra en Colombie.

« La lutte des communautés Nasa est aussi la nôtre. Elle nous rappelle que la justice environnementale est indissociable de la justice sociale », souligne Jean-Pierre Lelo, coordinateur d’APESO.

Une leçon pour le monde

La crise environnementale colombienne nous alerte sur l’urgence d’agir. Mais les initiatives locales, comme celles des Nasa, offrent une source d’inspiration précieuse pour bâtir des alternatives durables et inclusives.

À travers ses actions, APESO veut montrer que les solutions communautaires et la solidarité entre peuples du Sud sont des clés pour résister aux dérives extractivismes et au changement climatique. « Sauver les forêts, c’est sauver l’humanité tout entière », rappelle APESO dans son appel à l’action.

✨ En publiant cet article, APESO affirme sa volonté de porter une voix africaine solidaire dans les luttes environnementales internationales.

Par Joachim KAFUNDA Lepère

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